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Projet CanTho – Vietnam

Last modified on 2017-07-19 19:44:35 GMT. 0 comments. Top.

Projet CanTho – Vietnam Stanislaw Buchs Bonjour

Monsieur Stan ! Tout d’abord, nous vous souhaitons ainsi qu’à votre famille bonne santé et réussite.
Soutenus par la direction de l’hôpital et le Service de la Santé, nous avons pu obtenir des formations pour nous perfectionner tant en spécialité
qu’en vertus de la médecine, en langues étrangères, depuis la création du Service de la Physiothérapie et la collaboration avec Can Tho PHYSIO, ce qui nous donne une forte motivation dans le travail.
Nous ne pouvons que vous remercier infiniment, en espérant que vous serez fier de Can Tho PHYSIO à travers tout ce que nous avons réalisé (fichier joint) pendant ces dernières années.
Nos sincères salutations.
(Pour nous envoyer un mail, veuillez écrire à cette adresse : ngotrankim@yahoo.com.vn )
Mme NGO, de l’hôpital pédiatrique Can Tho

 

 

 

L’interview de Hanh

Last modified on 2010-04-01 08:24:59 GMT. 0 comments. Top.

• Présentez-vous. Depuis combien de temps travaillez-vous à l’hôpital pédiatrique ? Quelle est votre expérience professionnelle ?

H. : Je m’appelle Lâm Thi Hanh. Je travaille à l’hôpital pédiatrique comme infirmière principale depuis 14 ans, dont 7 ans au Service d’Urgence,


Lâm Thi Hanh


puis 6 ans et demi au Service de traumatologie-chirurgie et brûlés et, enfin à la salle de physio.

• Comment êtes-vous venue à faire de la physio ? Aimez-vous votre nouveau métier ? Pourquoi ?

H. : Je suis venue à la physio selon la décision de la direction avec mon accord.
J’aime ce nouveau métier car j’aime beaucoup les enfants et c’est d’ailleurs pour cela que j’ai choisi de travailler à l’hôpital pédiatrique. Je suis très intéressée par la pédiatrie en général. En faisant maintenant de la physio, j’ai l’occasion de m’occuper d’enfants possédant souvent un retard intellectuel associé à leur handicap physique, ce qui rend les parents très tristes. Nous les encourageons, nous sourions avec eux, nous essayons de leur réapprendre à marcher ou de compenser au maximum leur handicap en pratiquant la rééducation.

• Regrettez-vous votre ancien métier d’infirmière ?

H. : Parfois, je regrette mon ancien métier, car il m’a laissé beaucoup de bons souvenirs. Pourtant je sais que c’est grâce à ce métier que je possède une expérience qui m’est très utile en physio.
Cela fait peu de temps que je travaille dans le service de physio, mais je suis très contente et j’apprécie cette manière de travailler avec les enfants. A présent, les petits patients me sont familiers et chers, car ils sont adorables et naïfs. Ils ont besoin de nous, notre responsabilité est très lourde malgré notre jeune expérience dans le domaine de la rééducation.

• Quels aspects préférez-vous dans votre pratique ? (travail avec les IMC, physio respiratoire, mobilisation des brûlés…)
Et quels sont pour vous les aspects les plus déplaisants ?

H. : Dans la pratique, j’aime tous les aspects. Mais en mobilisant les enfants brûlés, je ne suis pas toujours très à l’aise car ils ont très mal et ont des difficultés à bouger. J’essaie donc de me débrouiller, mais les résultats ne me satisfont pas autant que pour d’autres maladies et cela me déplait.

• Que pensez-vous du projet Can Tho PHYSIO 2ooo ?

H. : Le projet Can Tho PHYSIO 2ooo commence à être connu dans le Delta du Mékong, il apporte une aide importante aux enfants handicapés de la région. A mon avis, il faudrait développer le service de physiothérapie dans l’hôpital.

• Quelles suggestions pouvez-vous faire pour développer la physiothérapie dans l’hôpital et améliorer votre pratique ?

H : Que nous ayons une salle de rééducation plus grande avec la possibilité pour les enfants et leurs parents venant de loin de rester sur place. Car à présent, la salle étant petite, la prise en charge de certains patients est difficile à organiser, surtout lorsqu’ils ont un long trajet à faire. J’espère donc que l’hôpital fondera une salle de rééducation plus grande pour permettre aux enfants et à leur famille d’attendre leur traitement dans de bonnes conditions et rester, s’il le faut, en soins internes. Les appareils seront également plus faciles à utiliser avec un espace plus grand.

• Comment concevez-vous votre activité de manière autonome, après le départ des intervenants étrangers ?

H. : Je souhaiterais pouvoir bénéficier de formations au Vietnam ou à l’étranger pour améliorer mes connaissances et développer mon expérience dans ce nouveau domaine, ce qui nous permettra de travailler de manière autonome après le départ de nos amis. Plus tard, si l’hôpital réussit à fonder un nouveau service plus important, ce qui fera encore davantage connaître la physio dans le delta du Mékong, le niveau requis par les physiothérapeutes devra être important.

• Quel retour avez-vous avec les parents lors de vos traitements sachant que la physiothérapie est encore peu connue au Vietnam ?

H. : Je suis tout d’abord très satisfaite et contente de voir les enfants rééduqués faire des progrès, jouer, marcher, améliorer leur compréhension… et de voir les parents plus heureux. Les parents apprécient beaucoup notre aide et de nous voir travailler avec leur enfant.

• Ainsi qu’avec les différents corps de métier (infirmières et médecins) ? Vous font-ils part de leur avis sur la physiothérapie ?

H. : La physio est une activité nouvelle à l’hôpital, c’est pourquoi certains médecins ne s’y intéressent pas. Par contre d’autres pensent que c’est très positif pour certains patients, et ils nous aident efficacement.

 

 

 

L’interview de Ngo

Last modified on 2010-02-24 15:46:00 GMT. 0 comments. Top.

• Présentez-vous. Depuis combien de temps travaillez-vous à l’Hôpital Pédiatrique (BVND), et quelle est votre expérience professionnelle?

Je m’appelle Tran Kim Ngo. Je suis infirmière principale au BVND depuis 2 ans.

• Comment êtes vous venue à la physio ? Aimez-vous votre nouveau métier et pourquoi ? Regrettez-vous votre métier d’infirmière ?


Trân Thi Kim Ngô


La direction du BVND a décidé de m’affecter au service de physiothérapie. Ceci est nouveau pour moi et au début je ne comptais pas apprendre la physio. Puis, en pratiquant et au contact des enfants je m’y suis intéressée.
J’ai choisi d’être infirmière pour aider les enfants. Ce métier m’a permis de rentrer dans la vie active, puis de faire de la physio.
Que ce soit par la physio ou les soins infirmiers, je souhaite pouvoir soigner les enfants le plus efficacement possible.

• Quels aspects préférez-vous dans votre pratique et quels sont les côtés déplaisants ?

J’apprécie tous les aspects, mais je ne suis pas à l’aise avec la physio respiratoire, car il est difficile de savoir ce que ressentent les bébés.

• Que pensez-vous du projet Can Tho Physio 2ooo ? Quelles suggestions feriez-vous pour développer la physio à l’hôpital et améliorer votre pratique ? Comment concevez-vous votre activité après le départ des intervenants étrangers ?

Can Tho Physio 2ooo s’adresse aux familles de handicapés démunies, mais cela m’a aussi permis de comprendre et apprendre la physio.
Je souhaiterais une salle plus grande et un logement disponible pour les patients venant de loin.
Je regretterai les intervenants étrangers, mais nous ne nous arrêterons pas pour autant. Nous devrons continuer à nous faire connaître pour que d’autres enfants handicapés viennent se faire rééduquer. C’est pourquoi je cherche à me perfectionner sans cesse dans ma pratique.

• Quel retour avez-vous auprès des parents et du reste du personnel médical, sachant que la physio est encore peu connue au Vietnam ?

Je suis vraiment contente quand les parents comprennent, collaborent et voient leurs enfants progresser lors des séances.
La rééducation pédiatrique est connue depuis quelques mois au BVND. Bien que je ne comprenne pas pourquoi certains médecins ne s’intéressent toujours pas à la physio, je suis satisfaite car la plupart d’ entre eux nous ont beaucoup aidés.

 

 

 

Entretien avec Mademoiselle Nguyên Hông

Last modified on 2010-02-24 15:46:27 GMT. 0 comments. Top.

Responsable administrative du projet Can Tho PHYSIO 2ooo

•Depuis combien de temps travaillez-vous à l’Hôpital Pédiatrique?
J’ai commencé à travailler à l’Hôpital Pédiatrique en avril 1980.

Nguyên Hông Hanh

•Vous aimez alors je pense beaucoup les enfants?
Je pense que l’enfant est le futur et le bonheur de la famille et de la société.

•Pourquoi avez-vous choisi de travailler avec le projet Can Tho PHYSIO 2ooo?
Je travaille pour Can Tho PHYSIO 2ooo parce que je pense que la physiothérapie est très importante et efficace dans le traitement des petits patients. Elle est tout à fait nouvelle pour nous aussi bien que pour l’hôpital.

•N’est-ce pas difficile de mobiliser des enfants brûlés qui ne demandent qu’une chose, c’est de ne pas bouger?
Il faut les rassurer avant de commencer le traitement de physiothérapie et avoir de bons contacts avec les patients. De la patience et une bonne formation technique sont les deux facteurs nécessaires pour être un bon physiothérapeute. Les patients sont difficiles et ces deux facteurs nous aident à obtenir la collaboration du patient.

•Que ressentez-vous devant la douleur et la peur de l’enfant?
Compréhension et partage avec l’enfant.

•Y pensez-vous parfois quand vous êtes le soir à la maison ?
Oui.

•Vous avez appris de nouvelles techniques de drainage des voies respiratoires chez les petits bébés, quelles différences observez-vous après la physiothérapie ?
Les différentes positions dans l’application du drainage des voies respiratoires aident les petits bébés à sortir les sécrétions et ainsi à équilibrer l’échange d’oxygène dans les poumons, à éviter les complications des problèmes respiratoires et à vite se rétablir.

•Comment la famille, et les mères en particulier, voient-elles votre travail avec leur enfant?
Cela dépend du niveau de connaissance des mamans. D’une façon générale, la physiothérapie reste encore nouvelle pour les proches des patients.

•Ont-elles une relation différente avec la physiothérapeute qu’avec une infirmière ?
La physiothérapeute et l’infirmière ont le même rôle: aider les jeunes patients à vite se rétablir. Cependant la première sait appliquer des méthodes physiothérapeutiques dans le traitement alors que la seconde n’a qu’à réaliser l’ordre du médecin. Grâce à la longue durée en contact avec les patients, la première est aussi plus proche de ceux-ci que la seconde.

•Pensez-vous travailler longtemps dans ce projet ?
J’espère que oui.

•Quel est votre vœux pour l’avenir ?
J’espère que le projet Can Tho PHYSIO 2ooo se développe de plus en plus et que les médecins et patients reconnaissent l’importance de la physiothérapie.

•Et pour l’avenir des enfants au Vietnam?
Notre pays reste encore pauvre et il y a beaucoup de pauvres patients. Je souhaite que les patients, les pauvres y compris, puissent profiter d’un traitement correct et efficace.

•Merci Mademoiselle Hanh. Vous savez qu’on a dit de vous, le 8 mars, lors de l’Inauguration du Centre de Rééducation Ambulatoire Pédiatrique, que vous étiez « l’âme du projet ». On ne doute pas alors de la bonne évolution de la physiothérapie lors de ces prochaines années dans votre hôpital.

•Bonne continuation et merci pour vos belles paroles.

 

 

 

Récit de Géraldine Thiersault

Last modified on 2010-04-01 08:28:08 GMT. 0 comments. Top.

C’est avec beaucoup de plaisir que je me rends chaque matin dans le service de rééducation ambulatoire de l’hôpital pédiatrique. La petite salle est lumineuse, colorée et chaleureuse. Les enfants arrivent accompagnés de leurs mamans ou de leurs grands-mères. Il s’agit de patients externes, venant de Canthô, de sa « banlieue » ou même de Soc Trang et Omom, villes à plus d’une heure de bus…

Géraldine Thiersault Kinésithérapeute Grenoble

Les nouveaux sont souvent apeurés par la présence des trois têtes occidentales (celles de Diana et de Stanislaw Buchs du projet Cantho PHYSIO 2ooo ainsi que de la mienne) et mettent un moment avant d’accepter nos soins. Les habitués nous reconnaissent et leurs sourires rayonnent à travers la pièce.

La plupart souffrent d’importants troubles neurologiques, conséquences de méningite ou d’encéphalite, mais nous traitons également des pieds bots, des scolioses et des suites de fractures.

Les trois infirmières formant l’équipe kiné se chargent chacune d’un petit patient et réalisent leur traitement avec application. Mlle Hanh, la responsable administrative, est très consciencieuse et tâche de bien mettre en œuvre les différentes techniques apprises sans se laisser distraire.

Mlle Ngo, infirmière aux Urgences et d’une éternelle bonne humeur, stimule son petit patient, lui raconte milles histoires, attire son regard par quelque objet de couleur et réussit à capter son attention l’espace d’un bref instant.

La seconde Mlle Hanh, infirmière en Chirurgie et au service des Brûlés, semble avoir un don particulier pour mettre en confiance les enfants effrayés et détendre les plus spastiques. Ses mains sont réconfortantes, ses gestes lents et précis, sa voix douce. Ses patients expriment un réel bien-être lorsqu’elle leur fredonne une chanson et se laissent lentement mobiliser.

Chaque jour, je m’installe discrètement aux côtés de l’une d’entre elles en observant ses gestes, donnant quelques conseils et idées, mais en essayant également d’impliquer la maman dans le traitement. Parfois j’introduis de nouveaux exercices dans le but d’améliorer leurs connaissances et parfaire leur formation.

Les cris et exclamations des enfants se mêlent aux discussions des parents, aux voix et chansonnettes des rééducateurs et au brouhaha de la rue…cette salle est pleine de vie.

Le travail effectué par Stanislaw et Diana Buchs (dans le cadre de leur projet Canthô PHYSIO 2ooo) depuis le 1er décembre 1999 est une réelle réussite. Mon arrivée en mars 2000 a permis d’intensifier les cours, d’apporter mon enthousiasme, ma connaissance du pays (il s’agit de mon troisième séjour à Canthô),ainsi que de nouvelles idées. L’accueil chaleureux de cette équipe motivée m’a amenée à rapidement y trouver ma place.

Aux environs de 10 heures, la petite salle orange se vide peu à peu. Nous nous organisons alors en deux équipes pour réaliser le travail dans les services. La première s’occupe du service des brûlés où la rééducation est difficile, minutieuse et douloureuse. Elle surveille également l’installation des enfants en traction ainsi que la confection des plâtres en traumatologie.

La seconde équipe se rends aux urgences et soins intensifs où sont hospitalisés les enfants en phase aiguë de méningite, ceux souffrant de dengue ou de pneumonie sévère ou encore les nouveaux-nés prématurés. Nous y appliquons des traitements de kinésithérapie respiratoire sur ceux présentant un encombrement bronchique souvent suivi d’une aspiration. Chacun de ces enfants étant dans un état grave, nous devons faire preuve d’une grande prudence dans nos gestes tout en étant efficaces. Nous accompagnons parfois notre prise en charge de mobilisations passives et de massages de confort.

La matinée se termine vers 11 heures, et une fois à la cantine, nous sommes toujours surpris que le temps ait passé si vite.

L’après-midi, le nombre de patients externes étant moins élevé, nous profitons régulièrement de ce créneau horaire pour réaliser des cours et travaux pratiques.

Nous retournons également dans les services : celui des enfants brûlés (certains nécessitant deux séances par jour), celui de médecine pour y traiter les enfants souffrants d’affections respiratoires, et celui des infectieux où se retrouvent un grand nombre des petits patients sortant des urgences.

Il est 16h30 au Ben Vien Nhi Dong de Canthô et la journée de travail prend fin. Je récupère mon vélo vietnamien, croisant au passage les parents de certains patients. Ils me sourient et savent que nous reviendrons le lendemain auprès de leur enfant.

Thiersault Géraldine, déléguée KDM à Canthô -Vietnam

 

 

 

Récit de Sophie

Last modified on 2010-04-01 08:28:20 GMT. 0 comments. Top.

PARTIR A CAN THO, CE N’EST PAS PARTIR EN VACANCES, le mail d’une expatriée vous en convaincra rapidement.

Bonjour vous tous… me voici donc depuis une grosse semaine en terre vietnamienne… et l’acclimatation n’est pas si évidente…
Je me disais qu’après le gros choc subit à Ho Chi Minh à la sortie de l’aéroport, je devais être parée… eh bien pas du tout! Malgré la beauté des paysages traversés, je suis encore à me demander ce que je fais ici…

Sophie Caillet-Bois Physiothérapeute Loèche-les-Bains,


Même si Can Tho n’est pas une grande ville (350 000 habitants recensés), la population y est dense… bien trop à mon goût… tous les gens te regardent bizarrement, viennent te pincer pour voir si ta « viande » bien que plus claire que la leur a la même consistance… petite embellie au tableau, ceux qui me rencontrent souvent esquissent de beaux sourires… je ne perds donc pas courage. En revanche, pour ce qui est circulation, heureusement que je suis habile avec mon mountain bike, car ici, bien que je n’aie pas le choix des vitesses sur mon vélo chinois, il faut se frayer un chemin entre les Xélois, les motos et les gros camions qui te font sursauter à chaque nouveau coup de klaxons… et ici les klaxons, ils connaissent. On annonce son passage à n’importe quelle heure de la journée et même si le passage est libre… c’est leur jouet je pense….
Résultat : un brouhaha permanent. Pour trouver un petit coin de tranquillité, il faut attendre entre minuit et 5 heures du matin, à moins de vous faire réveiller par la police, car vous avez malencontreusement oublié votre vélo à l’extérieur… et quand je dis extérieur, c’est à l’intérieur de la barrière de fer forgé, fermée avec double cadenas… C’est qu’ici, les maisons sont très étroites (une pièce par largeur), peuvent être plus ou moins allongées et à plusieurs étages selon les ressources du propriétaire. Toutes contiguës les unes aux autres, séparées par de minces murs, lorsque le téléphone sonne vous êtes persuadés que c’est le vôtre… mais non… je ne vous explique pas les superbes soirées quand les voisins décident de faire Karaoké… ici c’est le truc à la mode… pas de cinéma et très peu de discos mais 2 ou 3 karaokés dans chaque rue… génial… dommage que leur musique ne soit pas un peu plus… harmonieuse. Je vous passe encore les imitations des marchands ambulants avec de drôles de petites musiques à vous casser les oreilles…. même les marches arrières des bus en sont munies… vous avez donc le marchand de glaçons qui s’amènent avec son chariot de poutre de glaçons qu’il vous sciera selon la demande, le marchand de fruits, de soupes, de produits vaisselles… enfin bref ici, nul besoin de maisons de vente par correspondance…
En résumé, je crois que j’ai mis le pied dans le monde asiatique… il va falloir s’y faire…
A côté de ça, il y a les gens, leur mentalité et l’hôpital… pour cela, j’ai de la chance, car ils sont habitués à travailler avec des étrangers… les contacts ont très vite été liés avec les infirmières… Cependant, malgré leur importante différence d’âge (je suis une jeunette par rapport à certaines), la mentalité demeure assez enfantine et joviale… ce qui peut être un très gros avantage comme un inconvénient…
Ce qui est étonnant, ce sont ces grandes chambres vétustes où sont emmêlés petits patients, papas, mamans et grands-mères. Impossible de savoir qui dort où, qui est de la famille de qui et pis, qui a quoi exactement. Aux odeurs de transpiration de tout ce petit monde (car il fait très lourd et super humide), ajoutez-y encore celles des repas que chaque famille concocte au coin de son lit… ce doux mélange est plutôt … je dirai stupéfiant.
Tous ces petits alités font peine à voir… certains prématurés sont si menus… qu’on les distingue à peine sortir sous leur couverture, d’autres sont là pour des fièvres dengue, des méningites, des maladies indéfinissables, de grosses brûlures ou des réactions mortelles aux médicaments traditionnels faussement administrés par les grands-mères. Et moi je suis là, avec mes 2 mains à me dire que je suis venu faire de la physiothérapie… je me sens un peu dérisoire face à ces cris, ces pleurs….
Mais voilà, je suis là, j’ai envie de leur apporter ma petite aide, aussi petite soit elle… si ce n’est qu’un sourire ou un regard… je suis consciente que les choses vont lentement, que nous ne pourrons jamais reporter le modèle exact de nos hôpitaux suisses ici, mais je dois faire mon maximum. Le premier pas sera donc de les comprendre et donc de m’y faire… en plus j’y suis pour 3 mois… que sont 3 mois…

Bisous à tous … Sophie