Newsletter 1

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Last modified on 2018-09-04 20:26:12 GMT. 0 comments. Top.

Le 16 janvier dernier, en pleine nuit, mon avion a atterri à Antananarivo. Le temps passe tellement rapidement que cela fait déjà 6 semaines que je suis arrivée sur sol malgache et il est temps que je vous donne quelques nouvelles concernant l’avancée de mon projet!

 

J’ai tout d’abord passé quelques jours à Tana (nom courant de la ville d’Antananarivo), premièrement pour arriver en douceur dans la vie malgache mais surtout pour visiter le centre de santé de la fondation Sentinelle. Depuis la Suisse déjà, j’avais pris contact avec cette fondation afin de visiter leur programme de soins et plus précisément leur service de kinésithérapie. Le hasard fait bien les choses puisque le responsable des projets de Madagascar, un suisse de Lausanne, a pris le même avion que moi pour se rendre à Madagascar! Et c’est autour d’un café à Paris, lors de l’escale, que nous avons fait plus amplement connaissance et échangé au sujet de ma visite. La kinésithérapeute de la fondation Sentinelle, Madame Henriette, a fait sa formation de kinésithérapeute à l’université de Tana. Depuis lors elle a surtout travaillé dans les domaines de l’orthopédie et de la rééducation fonctionnelle. Nous discutons longuement sur divers sujets comme: l’organisation de son travail, le type de patients qu’elle traite, ses méthodes de traitement, le déroulement de la formation de kinésithérapie à Madagascar,… ce qui m’aidera pour la mise en place de mon projet au dispensaire. Pour le dispensaire, nous voulons recruter un kinésithérapeute malgache afin qu’il y ait une continuité dans les prises en charges à mon départ en décembre prochain. Mais ils se font très rares sur cette île et nous n’en avons toujours pas trouvé avant mon départ. Du coup, c’est devenu ma priorité depuis mon arrivée à Madagascar. Ce n’est vraiment pas une mince affaire de trouver un kinésithérapeute mais une chose est certaine, c’est très important d’avoir des contacts pour ce recrutement! Mme Henriette m’a donné le numéro de l’association de kinésithérapeute de Madagascar et celui de l’école publique à l’université de Tana. La directrice du dispensaire, Sœur Marie Jeanne prendra contact avec eux dès mon arrivée à Mahajanga.

                         

Les patients à Sentinelle

 

Après ce court séjour à Tana, j’ai fait le long trajet de bus (près de 12 heures) pour rejoindre la ville de Mahajanga, où se situe le dispensaire Aina Vao et qui sera mon nouveau domicile pour les prochains mois. Je vais prendre quelques lignes pour vous présenter le dispensaire qui est tenu par la congrégation des Sœurs de Saint Maurice. Pour commencer je vais vous décrire son nom, qui n’est bien entendu pas choisi au hasard. En malgache, Aina signifie nouvelle et Vao vie. Une nouvelle vie, c’est parfois ce que vivent certains patients lorsqu’ils sortent du dispensaire. Par exemple, il y a un peu plus d’une semaine, un jeune de 17 ans est venu consulter au dispensaire pour une crise de malaria. Cela faisait déjà plusieurs jours qu’il était malade. Suite à une consultations dans un centre de soin de l’état, son état ne s’améliorait pas et sa famille décida de l’emmener consulter un médecin à Aina Vao. À son arrivée, ce jeune était déjà tellement malade qu’il était dans un état semi-comateux. Un cocktail de médicaments lui a été prescrit et administré par perfusion. Au bout de plusieurs heures, son état s’améliorait petit à petit, même s’il lui faudra encore plusieurs jours de traitement pour le remettre entièrement sur pieds. Ceci est un exemple parmi tant d’autres que nous vivons au dispensaire. Aina Vao prend en charge tous les patients, même si ceux-ci ne peuvent pas se payer les soins dont ils ont besoin. Malheureusement, la pauvreté de la population locale fait qu’ils consultent en dernière minute un médecin, parfois tout simplement par faute de moyen pour se payer le bus, ce qui rend leur état parfois très préoccupant et les soins d’autant plus difficiles.

Le dispensaire Aina Vao

 

Le dispensaire Aina Vao compte environ 30 employés, presque tous malgaches, qui permettent chaque jours aux nombreux patients qui s’y présentent, de bénéficier des soins dont ils nécessitent. L’équipe est composée de médecins, infirmiers, sages-femmes, pharmaciens et assistants en pharmacie, dentiste, laborantine, assistante sociale, gardiens, personnel de gestion, femmes de ménage,… et bien sûr quelques bénévoles comme une pharmacienne de l’association Pharmacien Sans Frontières (PSF), une infirmière valaisanne et moi même comme physiothérapeute. C’est un réel plaisir pour moi de pouvoir travailler avec des personnes qui m’ont accueilli les bras grand ouverts! J’ai très rapidement constaté que ma venue était très attendue! Tous les jours, des employés me questionnent au sujet de la formation que je vais leur donner et des indications de traitement de kinésithérapie au sujet des patients qu’ils rencontrent! Une chose est sûr, ce ne sera pas le travail qui va manquer ces prochains mois!

 

La pharmacie                                                 Les consultations médicales

 

Pour le projet de physiothérapie au dispensaire Aina Vao, j’ai réellement commencé sa planification depuis mon arrivée sur place, comme il m’étais difficile de le faire par correspondance depuis la Suisse. Les premiers temps, je me suis beaucoup entretenu avec la directrice du dispensaire afin de régler plusieurs éléments essentiels pour la mise en place du projet comme par exemple quel sera le local dédié à la kinésithérapie, quel est l’échéancier du projet, comment procéder au mieux à la formation sans que cela impacte trop le bon déroulement des soins au dispensaire, etc. À Madagascar, toutes ces démarches prennent un peu plus de temps qu’en Europe, mais comme on dirait en bon vaudois: « ça avance doucement mais sûrement »! Une fois ce travail dans l’ombre terminé, mon objectif était d’aménager la salle de physiothérapie avec le matériel que j’ai emporté de Suisse et en le complétant avec quelques éléments trouvés sur place. Et c’est chose faite puisque depuis le 5 février, je traite mes premiers patients dans une salle de thérapie fraîchement installée!

La salle de kinésithérapie

 

Mes traitements ont lieu uniquement en matinée puisque les après-midis je mets l’accent sur la préparation de ma formation de physiothérapie respiratoire donnée aux employés médicaux et paramédicaux (médecins, infirmiers et sages-femmes) qui prennent en charge des patients avec des problèmes respiratoires pendant leurs gardes de nuit ou les weekends (lorsque le service de kinésithérapie est fermé). Celle-ci débutera en mars, avec tout d’abord une session de cours théorique. Si tout se passe comme prévu, mes « étudiants » viendrons dans le courant du mois d’avril à tour de rôle en physiothérapie afin de mettre en pratique les éléments appris lors de la session théorique. La pratique directement auprès des patients me permettra de corriger individuellement leurs gestes et les prises en charge qu’ils effectuent. Au fil du temps, ma supervision prendra de plus en plus de distance afin qu’ils soient vraiment autonome à mon départ. Voici ce qui est planifié… maintenant place à la réalisation!

 

Malgré l’offre d’emploi qui est publié dans plusieurs endroit, divers appels téléphoniques effectués, la visite de plusieurs services de kinésithérapie d’hôpitaux publiques, nous n’avons toujours pas encore trouvé le kinésithérapeute pour le dispensaire Aina Vao. La kinésithérapie est une profession très récente à Madagascar et ils n’y a que très peu de professionnels formés. Une autre difficulté est que la plupart des étudiants font leurs études à l’université de Tana (les frais de la formation sont moindre que dans les écoles privés) mais du coup ils doivent travailler plusieurs années dans des hôpitaux de l’état comme redevance. Grâce à Mme Henriette, la kinésithérapeute de Sentinelles, j’ai obtenu le numéro de l’école de kinésithérapie privé de Madagascar et je m’y suis rendue la semaine dernière pour essayer de comprendre comme recruter un kinésithérapeute pour le dispensaire. Et c’est là-bas qu’une lueur d’espoir a surgit! Bon il nous reste encore à l’officialiser mais je peux déjà vous dire que cette école a 3 étudiants en dernière année de formation qui viennent de Mahajanga et qui souhaitent y retourner cet été, au terme de leur formation. Ces étudiants ont une période de formation pratique fin mai début juin. Nous nous sommes mis d’accord (par oral pour l’instant) avec leurs responsable de stage qu’ils nous enverrons 2 étudiants pour cette période de formation pratique et du coup nous pourrons en engager l’un d’eux! Il me reste plus qu’officialiser tout cela, mais je suis très contente de cette nouvelle!

 

Quelques chiffres du service de kinésithérapie du dispensaire Aina Vao:

Semaine 1: 27 traitements effectués

Semaine 2: 12 traitements effectués (que 3 jours de présence)

Semaine 3: 6 traitements effectués (que 2 jours de présence)

(absente du 15 au 21 février pour la visite des écoles de kiné à Tana)

 

Au nom de tous les bénéficiaires de ce projet, que ce soit la direction du dispensaire, le personnel, les patients et bien sûr moi-même, un tout grand MERCI pour votre soutient!