Projet Aina Vao

Projet à Aina Vao

Last modified on 2018-09-04 20:18:51 GMT. 0 comments. Top.

La physiothérapie au dispensaire Aina Vao

Projet pour développer la physiothérapie dans la région de Mahajanga à Madagascar et offrir des soins accessibles à tous.

 

Introduction

Une fois obtenu mon diplôme de physiothérapeute en 2010, j’ai toujours souhaité travailler dans un projet humanitaire. Il m’a quand même fallu quelques années pour trouver le projet qui me convenait. En 2013, j’ai exaucé mon rêve lorsque je suis partie 5 mois dans un dispensaire à Mahajanga dans le nord-ouest de Madagascar. Ce dispensaire est géré par la communauté des Sœurs de Saint Maurice (aussi bien de Sœurs suisses que malgaches). Dans cet établissement, une trentaine de collaborateurs y travaillent – médecins, infirmiers, sages-femmes, pharmaciens, dentistes… – mais il n’y a pas de physiothérapeutes. Cette profession, nommée localement kinésithérapie, est peu connue à Madagascar en raison de l’existence d’une seule école dans tout le pays. Dès mon arrivée, j’ai expliqué aux médecins, infirmiers et sages-femmes du dispensaire mon travail de physiothérapeute. J’ai également suivi quelques consultations afin de découvrir les patients et échanger directement avec les collaborateurs au sujet de mes interventions. Au bout d’une semaine, mes journées étaient déjà bien remplies et une file d’attente se formait tous les matins devant le local où j’effectuais les traitements. Les patients qui consultaient étaient âgées de quelques jours à un peu plus de 80 ans et venaient essentiellement pour des traitements de physiothérapie respiratoire (75 %) et neurologique (20 %). J’ai beaucoup apprécié la diversité de ma patientèle et la relation que j’ai pu établir avec elle même si parfois il nous était difficile de nous comprendre en raison de la barrière linguistique. Lorsque mes quelques mots de malgache ne suffisaient pas, je communiquais avec des gestes, pour le plus grand bonheur de mes patients.

Cette expérience m’a permis de découvrir une autre culture ainsi qu’un nouveau mode de vie. J’ai alors beaucoup appris sur le plan personnel et professionnel. En effet, je n’avais que très peu de matériel à disposition et j’ai souvent dû faire appel à mon imagination et ma créativité pour mener à bien mes traitements en créant par exemple le matériel manquant comme des chambres d’inhalation pour les aérosols avec une bouteille en plastique PET !

 

 

Définition du projet

Lors de mon séjour à Mahajanga, j’ai constaté qu’il y avait beaucoup de demandes pour des traitements de physiothérapie au sein du dispensaire. À la suite de mon départ, les traitements n’ont malheureusement pas pu être poursuivis, par manque de personnel compétent. Très rapidement, l’envie de repartir a commencé à me trotter en tête. Cette fois-ci, je souhaite partir 11 mois, bénévolement, afin de former un kinésithérapeute ainsi que les employés médicaux et paramédicaux du dispensaire, notamment les médecins, les infirmiers et les sages-femmes à des gestes de physiothérapie, essentiellement dans le domaine respiratoire qui est le plus demandé.

Au début, je leur transmettrai quelques bases théoriques avant de passer à la formation pratique directement auprès des patients avec une supervisions de ma part. Puis, au fil des semaines, cette supervision prendra de plus en plus de distance afin qu’ils soient autonomes après mon départ.

Objectifs du projet

Les objectifs du projet sont de :

  • Former un kinésithérapeute ainsi que des employés médicaux et paramédicaux à des gestes de physiothérapie, essentiellement respiratoire ;
  • Permettre aux patients de la région de Mahajanga de bénéficier de traitements de physiothérapie respiratoire ;
  • Faire des enseignements de divers domaines de la physiothérapie au personnel du dispensaire ;
  • Assurer une continuité des prises en charge après le départ des bénévoles ;
  • Offrir l’accessibilité à tous les patients de la région de Mahajanga qui nécessitent des traitements en physiothérapie respiratoire.

 

 

Raisons d’être du projet

Je souhaite porter ce projet pour plusieurs raisons. Tout d’abord, dans la ville de Mahajanga, il n’y a personne qui pratique la physiothérapie respiratoire même si la demande est bien présente. Implanter une unité de physiothérapie au sein du dispensaire assure une continuité dans les soins du patient et regroupe l’ensemble des traitements en un même endroit. De plus, Madagascar fait partie des pays les plus pauvres du monde, selon un sondage réalisé en 2016 par l’OMS (environ 90 % de la population malgache vit avec moins de deux dollars américains par jour). Par manque de moyens, il est souvent compliqué, pour les malgaches, de se payer les traitements dont ils ont besoin. L’accès aux soins de base leur est difficile, particulièrement dans les régions rurales. Le dispensaire Aina Vao garantit les consultations pour tous les patients qui s’y présentent en proposant les prix les plus bas possibles. De plus, je pense que ma mission effectuée en 2013 me donne beaucoup d’indications et les contacts nécessaires ainsi qu’une idée du fonctionnement du dispensaire. Ceci facilite la mise en place de mon projet. Pour terminer, je suis une personne passionnée par mon métier et j’aime transmettre mes connaissances à d’autres personnes. Je suis de nature ouverte. Par ce projet, je souhaite permettre à la population malgache de la région de Mahajanga de bénéficier de soins de physiothérapie et d’alléger certaines souffrances dans leur quotidien.

Planification du projet

Le tableau ci-dessous définit les différentes étapes dans la planification du projet ainsi que leurs délais respectifs.

 

Avant le départ

 

Activités Délais
Contact avec le dispensaire Aina Vao à Mahajanga pour monter le projet Depuis 2013 (depuis mon premier séjour humanitaire)
Contact avec l’association Physiothérapeutes du Monde au sujet du projet Depuis fin 2015
Faire connaitre le projet en publiant un article dans la brochure de l’association Physiothérapeutes du Monde Septembre 2017
Formation « Kinésithérapie dans la bronchiolite et l’asthme du nourrisson » à Chambéry 22 et 23 septembre 2017
Récolte de matériel pour le projet (stéthoscopes, saturomètres, mouches-bébés…) auprès d’entreprises et de particuliers Septembre à décembre 2017
Publier une annonce dans les hôpitaux de la région pour récolter du matériel Septembre à décembre 2017
Trouver des partenaires financiers Septembre à décembre 2017
Obtention du VISA et des autorisations de travail Novembre et décembre 2017
Départ pour Madagascar mi-janvier 2018

 

Sur place

 

Activités Délais
Recrutement d’un kinésithérapeute malgache avec la direction du dispensaire Janvier et février 2018
Organisation de la formation au dispensaire et préparation des cours Février 2018
Cours théoriques Mars 2018 (après-midis)
Enseignement pratique « au lit du malade » avec la formatrice Avril à fin juillet 2018
Autonomisation des personnes formées avec retrait progressif de la formatrice Août à décembre 2018
Enseignements dans divers domaines de la physiothérapie au personnel du dispensaire Tout au long de la mission

 

 

 

 

Partenaires du projet

La communauté des Sœurs de Saint Maurice

Cette communauté est présente autant en Suisse qu’à Madagascar. Le projet « Aina Vao » (=Nouvelle Vie) a été élaboré en 1997 par les Sœurs de Saint Maurice afin de donner accès à des soins de qualité aux personnes vulnérables et défavorisées dans la ville de Mahajanga au nord-ouest de l’île de Madagascar. Le dispensaire est composé d’une équipe médicale, d’infirmiers, de sages-femmes, de pharmaciens, d’un dentiste, d’une laborantine et de personnels d’appui. Une équipe, plus restreinte, s’occupe du travail social dans les différents quartiers de la ville. Une équipe d’une trentaine de professionnels, presque tous malgaches, y travaillent à plein temps afin venir en aide à la population locale.

Le projet Aina Vao est dirigé par un conseil de direction et soutenu par son conseil d’administration qui se réunissent régulièrement afin prendre les décisions importantes pour sa pérennisation.

Depuis plusieurs années le projet Aina Vao travaille en collaboration avec Projet Suisse d’assistance Médicale et l’association Pharmaciens Sans Frontières. Il accueille également des volontaires de professions très diverses qui désirent effectuer une expérience professionnelle à l’étranger.

 

Physiothérapeutes du monde

L’association des Physiothérapeutes du Monde est une association à but non lucratif, fondée en 1998 par Stanislaw Buchs. Sa mission est de fournir des soins ainsi que du matériel médical gratuitement aux enfants entre 0 et 16 ans. L’association traite essentiellement des enfants atteints de diverses pathologies touchant les domaines neurologiques, musculo-squelettiques et respiratoires. Elle permet également à des physiothérapeutes diplômés d’effectuer des volontariats dans leur divers projets. Elle ouvre de nouvelles portes aux thérapeutes et leur offre la possibilité de vivre des expériences enrichissantes tant sur les plans professionnels que personnels.

 

Coûts du projet

Une estimation minimale des coûts du projet seront détaillés dans le tableau ci-dessous.

 

Nom Prix (CHF)
Vol et autorisations de séjour
Billet d’avion 1 500,00
VISA 300,00
Formation
Formation physio. resp. bébé 600,00
Matériel
Stéthoscopes 500,00
Saturomètres 400,00
Flutters 300,00
Mouches-bébés 100,00
Matériel divers (chambres d’inhalation, désinfectants, mouchoirs…) 300,00
Documentation pour l’enseignement théorique (livres, articles…) 300,00
Impressions + matériel d’enseignement 300,00
Divers
Réserve 400,00
TOTAL 5 000,00

 

 

Financement du projet

Je suis consciente que mon projet ne peut aboutir sans l’aide précieuse des diverses personnes qui se sont engagées pour sa réalisation. Je pense particulièrement à la communauté des Sœurs de Saint Maurice qui mettent un local à ma disposition, organisent la formation du personnel sur place et me permettent d’être nourrie et logée pendant ces 11 mois. Je pense également à l’association des Physiothérapeutes du Monde qui m’apporte un soutien par son réseau de connaissances. Leur présence m’aide à trouver le matériel dont j’ai besoin et me garantit aussi une participation financière. Malgré toute cette précieuse aide, il me manque encore des fonds pour mener à bien ce projet. Le budget ci-dessus est un budget minimal afin de pouvoir débuter le projet, mais il va de soi que toute récolte supplémentaire pourrait m’aider à compléter le matériel pour démarrer le projet.

 

Je pense enfin à toutes les personnes qui souhaitent soutenir ce projet en le faisant connaître autour d’eux ou en le faisant exister par une aide financière. Au nom des futurs patients malgaches : misaotra betsaka, ce qui veut dire merci beaucoup dans leur langue !

 

Dispensaire Aina Vao

Marie-Jeanne Raharimalala (directrice),Dispensaire Aina Vao,Rue Don Bosco, Antanimasaja, 401 Mahajanga ,Madagascar