Camilla

Action de Camilla

Last modified on 2018-07-11 19:52:53 GMT. 0 comments. Top.

C’est le cœur en miette, mais rempli d’une nouvelle énergie que j’ai quittée Mocoa en mars dernier. Cinq semaines exceptionnelles dans ce village au cœur de l’Amazonie, dont je vais me rappelertoute ma vie. Certes les paysages diversifiés et merveilleux ont certainement marqué mon périple, mais c’est avant tout pour les gens que j’ai rencontrés que je suis tombée en amour avec la Colombie et la famille d’AmaNiños.

Près d’un an après la terrible avalanche qui a frappé cette ville, ce qui m’a surtout marqué c’est de voir comment le moral des gens est bon et comment ils sont généreux malgré le peu d’aide qu’ils reçoivent pour se relever de cette catastrophe. En effet, les familles nous ont accueillies à bras ouverts, en nous couvrant de leur belle énergie et joie de vivre. Nous étions souvent accueillis avec un petit « cafe con leche » et petite biscotte.Cette relation d’aide-amour entre les familles et AmaNiños m’a donné chaud au cœur et je suis très chanceuse d’avoir pu participer à cette relation d’entraide le temps de quelques semaines. Outre les soins en physiothérapie pédiatriques, AmaNiños apporte également de l’aide aux familles en offrant du matériel pour offrir un revenu supplémentaire aux familles qui ont été durement touchées par l’avalanche. Par exemple, l’une de ces familles s’est vu remettre un frigidaire pour vendre du fromage et des glaces. Une autre a reçu quelques poules pour vendre des œufs. Ainsi, cet organisme prend soin des enfants, mais elle prend aussi soin de la famille pour améliorer la qualité de vie globale de tous. Alors chapeau à Tamara et Luis, physiothérapeute colombien sur place, pour ce que vous avez bâti et ce que vous entretenez. L’amour que vous portez à vos patients se transportera avec moi jusqu’au Canada !

 

Mon meilleur souvenir maintenant ?

Oufff… difficile de répondre à cette question, car il y en a tant… Mais j’aime bien me souvenir du matin que nous sommes allés voir Sebastien. Comme chaque jeudi matin, nous nous rendions chez ce jeune atteint de microcéphalie pour ses traitements. Sauf que ce matin-là, la mère de Sebastien nous informe que le professeur d’éducation physique de son fils l’écarte un peu du groupe lors des cours à cause des déficiences physiques qu’il présente. Triste et préoccupée, elle nous demande donc si nous pourrions rencontrer le professeur pour lui démontrer des exercices adaptés à Sebastien. C’est donc un rendez-vous pour 17h le jour même à l’école du cartier !

 

Lorsque nous franchissons les portes de l’établissement, c’est un Sebastien tout heureux et très excité qui nous accueille avec un grand sourire. Avec sa bicyclette qui l’aide à marcher, il court partout dans le gymnase en voulant nous démontrer ce qu’il est capable de faire. Le plan de la séance était de démontrer au professeur des exercices pertinents à faire avec Sebastien pour améliorer son contrôle postural, son équilibre et sa motricité globale. Mais changement de plan, aujourd’hui c’est un cours de gymnastique où l’on pratique à faire des pirouettes et Sebastien tient absolument à faire les mêmes exercices que ses camarades. Pas question de faire autrement, il est comme les autres enfants, on fait donc comme les autres enfants ! Nous avons donc passé une heure à accompagner Sebastien pour faire des pirouettes. Il est tellement heureux et excité qu’il ne veut pas arrêter pour reprendre son souffle et boire de l’eau. Alors que ses amis sont environ cinq à partager un tapis d’exercice et font la file indienne pour se relayer, Sebastien a droit à son tapis pour lui seul et enchaîne pirouette après pirouette, faisant ainsi le double d’acrobatie que ses collègues. Le sourire sur son visage et celui de sa mère valent de l’or.

Dans ce moment suspendu au-delà du temps, où nous partageons une complicité et des rires sincères, je constate comment ces personnes sont heureuses avec les choses les plus simples de la vie. Dans cette scène connectée avec l’instant présent, plus rien ne compte, sauf le bonheur de ce patient qui se traduit par simplement par être un enfant comme les autres. C’est aussi avec des moments comme celui-ci qu’on réalise le bonheur qu’on peut offrir avec des petits gestes simples et que de mettre de côté la médecine, les traitements conventionnels et les évidences scientifiques, parfois ça fait du bien. C’est aussi de se souvenir, que nous sommes avant tout humain et que le bien-être mental du patient ne doit pas être oublié au détriment du bien-êtrephysique.

Bref, je veux remercier encore une fois Tamara pour m’avoir donné l’opportunité de vivre la vraie vie d’une Colombienne en aidant des enfants dans le besoin. Une belle expérience en tant que professionnel, mais avant tout en tant qu’être humain !

Ces cinq semaines à Mocoa c’est tout ça et bien plus. Ce sont des soupers partagés avec ma famille colombienne, des balades à moto pour se rendre chez les patients, des marches dans la jungle pour se rendre à la rivière pour se baigner, des empanadas partagés entre amis et des fous rires à plus finir. J’ai quitté mon pays d’adoption avec le cœur gros et la tête remplie de souvenirsen mars dernier et sans dire aurevoir j’ai préféré dire à la prochaine,Mocoa.