Centre national d’appareillage orthopédique

Centre national d’appareillage orthopédique

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corrige¦ü 2- Le TOGO - article 22-01-2014_html_76e76efc copieLe CNAO a été créé en 1974 avec comme principaux objectifs de favoriser l’insertion sociale et d’offrir des soins préventifs et curatifs en réhabilitation physique aux personnes en situation de handicap.

Il s’agit de la référence nationale en matière d’appareillage orthopédique au Togo. Le centre est basé à Lomé mais sa couverture de soins s’étend aussi à l’ensemble de la sous-région ouest africaine et centrale.

Il collabore avec l’École nationale des Auxiliaires médicaux (ENAM) de Lomé et est aussi un centre de formation pour les professionnels de la réadaptation de la sous-région (formation organisée conjointement au sein du CNAO avec le fonds spécial du Comité international de la Croix-Rouge en faveur des handicapés, lieux de stages de références pour les étudiants de l’ENAM, accueil de différents professionnels pour des stages de perfectionnement).

Programme de réadaptation à base communautaire1 (RBC) coordonnée par la directrice du CNAO :

« La réadaptation à base communautaire (RBC) est une stratégie de développement participatif qui s’inscrit dans le cadre du développement pour la réadaptation, l’égalisation des chances et l’intégration sociale de toutes les personnes en situation de handicap (PSH). La RBC a pour objectif d’offrir aux PSH, dans leur milieu de vie et à moindre coût, les services essentiels dont elles ont besoin pour s’épanouir. »

Au niveau continental, le Réseau africain de la Réadaptation à Base communautaire2 (CBR Africa Network-CAN) a été créé en 2002. Au Togo, ce modèle cadre de convention a été ratifié en décembre 2010 et le Réseau national de Réadaptation à Base communautaire a vu le jour en novembre 2012.

Le réseau national est composé des ministères et de la fédération des associations des personnes handicapées du Togo et est appuyé par des organisations internationales de développement comme CBM, Handicap international, Plan Togo, OMS…

corrige¦ü 2- Le TOGO - article 22-01-2014_html_2dcbac0f copieLe CNAO est composé de quatre services de soins qui sont supervisés par la directrice Mme Pinda :

1) Le service social qui analyse les différentes possibilités de prise en charge financière des patients. Il négocie principalement la prise en charge des patients indigents auprès de différentes ONG ou donateurs potentiels et organise le suivi à domicile des patients en vue de s’assurer de l’utilisation adéquate des appareils orthopédiques.

2) Le service d’orthophonie qui s’occupe de la prévention, de l’évaluation et du traitement des personnes qui présentent des difficultés de langage et/ou de communication. Il prend en charge également des enfants ayant des difficultés majeures d’apprentissage scolaire (dyslexies, dyscalculies, dysorthographies, dysgraphies).

3) Le service d’appareillage qui se charge de la conception, la confection et la livraison des appareils orthopédiques (prothèses du membre inférieur et supérieur, orthèses du membre inférieur, supérieur et du tronc, semelles et chaussures orthopédiques, aides techniques et attelles de correction transfémorale et tibiale).

4) Le service de kinésithérapie qui se divise en quatre secteurs de rééducation : adultes, pédiatrie, appareillages et balnéothérapie.

Le centre compte onze kinésithérapeutes salariés pour la fonction publique. Cependant sur le terrain, le nombre de kinésithérapeutes varie chaque jour car il y a énormément de « stagiaires – bénévoles togolais ».

Le CNAO propose également des tournées itinérantes et des consultations externes afin de rendre les soins accessibles à tous ainsi que des consultations médicales au centre deux après-midi par semaine (menées par une équipe pluridisciplinaire : médecin, orthoprothésiste, kinésithérapeute et orthophoniste).

Une fois par an pendant une semaine ont lieu des consultations médicales gratuites par les kinésithérapeutes et orthophonistes. Durant cette semaine, ils prescrivent des séances de rééducation à 50%. L’affluence de patients qui se présentent cette semaine-là est très importante, mais la proportion de personnes qui se présentent aux consultations médicales prescrites ou aux séances de mise en place de prothèse est faible. Le doyen du service de kinésithérapie appuie également en disant que les patients reviennent à la consultation l’année d’après avec toujours le même problème et la même prescription à la clé, mais qu’ils n’ont toujours pas les moyens de venir suivre les séances de rééducation.

a) La salle de rééducation pour les adultes :

Description et photos du service :

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La salle de rééducation des adultes est ouverte du lundi au vendredi de7h à midi et à partir de 14h l’après-midi.

Les patients adultes se présentent au CNAO la première fois pour suivre une consultation médicale pluridisciplinaire. Suite à cela, ils reçoivent généralement une prescription de kinésithérapie avec la date du premier rendez-vous pour le bilan le lundi ou mardi de la semaine suivante.

Généralement, lors du premier rendez-vous, les patients sont pris en charge par un kinésithérapeute référent. Durant cette séance, le kinésithérapeute crée le dossier du patient, réalise un premier bilan (approfondi ou non), prescrit les matériaux nécessaires pour les séances (crèmes, pommades, bandes, etc.) et donne les futurs rendez-vous (deux ou trois fois par semaine).

Les principales pathologies rencontrées sont : lombalgie, dorsalgie, cervicalgie, post-partum ; séquelles d’hémiplégie ; paralysie, revalidation après un accident de la route. Ces derniers sont très fréquents au Togo car en plus du fait que les Togolais ne respectent pas le code de la route, les chaussées sont très endommagées.

Les traitements réalisés :

  • électrothérapie (très peu),

  • physiothérapie (chaleur – lumière infrarouge),

  • rééducation pré- et post-obstétricale,

  • renforcement musculaire,

  • mobilisation articulaire,

  • massage thérapeutique.

Ma place dans ce service :

C’est dans le service des adultes que j’ai passé mes deux premières semaines. En entrant pour la première fois dans la salle de rééducation pour les adultes, j’ai été à la fois surprise par la quantité de matériel à disposition, mais aussi par l’abondance de personnes (patients et kinésithérapeutes). Après avoir attendu longtemps que l’on s’intéresse à moi – oui, oui ! Au Togo, j’ai très vite appris que j’allais devoir attendre ! – j’ai enfin pu me présenter au doyen du centre de rééducation, appelé « Yovo ».

Le premier jour, j’ai pris du temps pour découvrir le fonctionnement du service ainsi que pour me présenter à l’équipe et aux patients. Les Togolais sont des personnes très accueillantes, mais dès mon arrivée et durant toute la période de stage ils se sont montrés très curieux concernant l’intérêt de ma présence à Lomé.

J’ai été très rapidement mise au travail (bilan et traitement) car malgré le fait que les patients reçoivent une heure de rendez-vous à laquelle ils doivent se présenter au centre, il y en a toujours qui attendent pendant une, deux ou même parfois trois heures avant d’être pris en charge. Ma présence et ma volonté ont donc pu en soulager certains.

De mon point de vue, dans ce service, ce n’était pas le nombre de patients qui était trop important par rapport aux ressources humaines, mais il y avait un manque d’organisation et de gestion du temps. Chaque kinésithérapeute a ses patients et peut gérer son emploi du temps comme il le souhaite, mais je n’en ai jamais vu aucun avec un agenda. Ils donnent souvent les rendez-vous à tous les patients à la même heure.

Loin de l’Europe le temps ne se calcule pas de la même manière. Peut-être même que le temps ne se calcule simplement pas.

b) La salle de pédiatrie :

Description et photos du service :

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Après deux semaines passées avec les adultes, j’ai été très chaleureusement accueillie dans le service de pédiatrie. L’équipe du service de pédiatrie se compose de trois kinésithérapeutes ainsi que d’un stagiaire. Les kinésithérapeutes ont un planning bien chargé et reçoivent les enfants sur rendez-vous de 7h30 à 13h. Les prises en charge durent entre quinze et trente minutes et les parents sont toujours présents lors des séances. L’équipe essaie de faire participer les parents au maximum et de les guider dans l’accompagnement de leur enfant au quotidien. Chaque mercredi matin, un des kinésithérapeutes libère son emploi du temps afin d’effectuer les bilans des nouveaux enfants.

J’ai très vite trouvé ma place au sein de ce service. Surtout grâce à Roland, l’un des kinésithérapeutes du service de pédiatrie. J’ai pu le suivre, le seconder et soulager son emploi du temps bien chargé en effectuant de nombreuses prises en charge.

Ma présence a beaucoup amusé l’équipe et les parents car ma couleur de peau intriguait les enfants et transformait certains comportements (pleurs extrêmes ou au contraire grand relâchement).

Les principales pathologies rencontrées : IMC, POPB, pieds bots, retard psychomoteur, hydrocéphalie.

Les traitements réalisés :

  • développement psychomoteur,

  • mobilisation, étirement, renforcement,

  • stimulation sensori-motrice,

  • j’ai également eu la chance de mettre en place pour un enfant une séance en balnéothérapie,

  • plâtre : le CNAO offre aux enfants atteints de pieds bots la mise en place de plâtres de correction. Trois kinésithérapeutes du CNAO ont été formés par une équipe américaine et mettent en application cette technique depuis maintenant trois ans.

 

c) Le service d’appareillage

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Description et photos du service :

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Le service d’appareillage compte deux kinésithérapeutes, un stagiaire à temps plein et un étudiant (variable selon les périodes de l’année).

L’accueil des patients se fait sur rendez-vous de 7h à 12h, mais en réalité la plupart des patients arrivent tous à 7h et restent toute la matinée car l’atmosphère semble être agréable pour eux.

Dans un premier temps, les patients amputés depuis quelques semaines ou atteints d’une nécrose de la tête fémorale se présentent au centre pour un premier rendez-vous afin d’y réaliser un bilan. Celui-ci est réalisé par les kinésithérapeutes et les orthoprothésistes afin d’évaluer si les patients vont pouvoir bénéficier ou non d’un appareillage.

Si les patients peuvent bénéficier d’un appareillage, il leur est proposé, selon la qualité de leur moignon et du membre amputé, de suivre des séances de rééducation pré-appareillage. Une fois le moignon « prêt », les orthoprothésistes réalisent le moulage et la confection de la prothèse.

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Une fois la prothèse réalisée, les patients reviennent ensuite au centre pour suivre des séances de rééducation post-appareillage.

Les séances de rééducation post-appareillage sont au départ consacrées à l’essayage, la mise en place, l’adaptation et le suivi de l’appareillage. Ensuite, dans un deuxième temps, les kinésithérapeutes accompagnent les patients pour qu’ils retrouvent le maximum de leurs capacités fonctionnelles et de leur autonomie.

 

 

 

 

 

 

 

Ma place dans ce service

Personnellement, ma place fut minime et mes passages dans ce service furent très courts étant donné qu’il n’y avait que très peu de patients à la période où j’y étais. Cependant, j’ai eu le temps d’observer que dans ce service, le rôle des kinésithérapeutes était surtout axé sur l’accompagnement psychologique. J’ai également trouvé très intéressant de découvrir ce domaine qui ne m’était pas familier.

d) La balnéothérapie

Description et photo: Deux piscines de rééducation sont à disposition du centre.

Mon intérêt pour ce domaine et ma disponibilité ont très vite été pris en compte par Franck, un des kinésithérapeutes du service des adultes. Franck est une personne pleine de connaissances et de ressources, mais avec une mauvaise organisation et gestion du temps. Il a donc très vite trouvé l’opportunité de profiter de ma présence pour tripler en l’espace de quatre semaines le nombre de patients et de prises en charge en balnéothérapie. Comment vous parler de Franck et de sa manière de gérer ses séances de balnéothérapie ? Peut-être en commençant par vous raconter ma première séance avec lui. Il était 10h, c’était mon premier jour, mais c’était aussi l’heure de la séance de balnéothérapie pour les patients. Une dizaine de personnes attendaient au bord de l’eau et me regardaient, moi une « blanche en maillot bain » qu’ils voyaient pour la première fois. Le temps passait et il a très vite été 10h15, le moment où Franck a gentiment passé sa tête au-dessus de la grille pour me dire : « Vas-y, tu peux commencer ». En Europe, on vit dans un contexte où les choses sont tellement structurées, organisées et où l’on recherche constamment la sécurité. Il fallait donc m’imaginer, dans ce nouvel espace inconnu face à tous ces patients dont je ne connaissais pas les pathologies, j’ai simplement réagi en disant : « On va quand même attendre Franck ». Dix minutes plus tard Franck est enfin arrivé en maillot de bain et a annoncé : « C’est l’heure, on y va ! ». Une fois tout le monde dans l’eau, les patients se sont réunis en plusieurs groupes en attendant les instructions. Les différents groupes : « problèmes de dos », « problèmes des membres supérieurs », « problèmes des membres inférieurs » et deux autres types de patients qui restaient à l’écart, les nouveaux et ceux avec des neuropathies.corrige¦ü 2- Le TOGO - article 22-01-2014_html_m1448b6c1

La séance a commencé et Franck m’a proposé de m’occuper du groupe « problèmes de dos ». Cependant, ces patients, ainsi que ceux des deux autres groupes, n’avaient absolument pas besoin de moi car ils avaient pris l’habitude de s’autogérer en se proposant à tour de rôle des exercices. Je me suis donc instinctivement dirigée vers les personnes plus à l’écart et leur ai proposé des prises en charge individuelles. A la fin de la séance, Franck est sorti de l’eau et mon rôle de kinésithérapeute s’est transformé en deux minutes en celui de surveillante de bassin et professeur de natation.

Les séances qui ont suivi ont souvent pris la même allure : au départ je m’occupais essentiellement des prises en charge individuelles pendant que Franck, lui, supervisait et guidait les différents groupes. Ensuite il me laissait dans l’eau avec tout le monde et je devenais surveillante de bain. A la demande des patients, je restais également dans l’eau pour donner des petites leçons de natation car la plupart n’étaient jamais allés dans une piscine avant ces séances de balnéothérapie et rêvaient d’apprendre à nager.

A mon arrivée, il n’y avait que deux séances de balnéothérapie par semaine. Mais l’intérêt des patients a très vite grandi après mon arrivée et Franck a aussi très vite trouvé que c’était une très bonne solution pour traiter tous ses patients en même temps.

Les prises en charge proposées : Lombalgies, hémiplégies, paralysies, faiblesses musculaires.

Le manque de formations et de cours de remise à niveau :

Plusieurs générations de kinésithérapeutes se côtoient au sein des services, allant de ceux sortis de l’école de kinésithérapie en 1976 à ceux sortis il y a 4 ans. Cependant, le programme de formation de l’école de kinésithérapie a bien évolué durant toutes ces années et selon les aînés, il serait nécessaire pour eux d’être en phase avec les nouvelles connaissances et technologies, et pour les plus jeunes d’acquérir de l’expérience et de la rigueur professionnelle.

Dans une structure comme celle du CNAO, il serait intéressant d’envisager que les différentes générations qui se côtoient mettent en place des temps d’échange afin de partager leurs techniques, leurs connaissances et leurs expériences. Malheureusement, nombreux sont les kinésithérapeutes qui sont plus isolés et qui restent parfois toute leur carrière dans le même domaine, avec les mêmes techniques sans jamais avoir d’échange sur les nouvelles techniques ni même de révision sur la technique qu’ils utilisent.

En plus de l’évolution des techniques de base enseignées à l’ENAM, les professionnels sont également bien conscients que la science fait des bonds en avant et que les connaissances évoluent. Ils ont l’impression de ne pas avoir accès à cette constante évolution. Et pourtant nombreux sont ceux qui désireraient améliorer la qualité technique de leurs actes et évoluer avec leur temps.

Au Togo, les formations continues proposées sont rares et les seules qui ont lieu sont celles financées par des associations et des ONG. La dernière formation qu’ont reçue deux des kinésithérapeutes du service d’appareillage du CNAO date de 2008 et avait été financée par le CICR.

La directrice du CNAO et le président de l’AMKITO pensent tous deux que c’est au niveau de l’organisation des formations qu’il y a un problème. Ils m’expliquaient que si une formation était proposée pour les kinésithérapeutes du pays, c’était l’organisateur qui devait prendre en charge la totalité des frais pour les kinésithérapeutes (les déplacements jusqu’au lieu de formation, l’hébergement, les dossiers de formations, les formateurs, etc.). Il faudrait, selon eux, commencer par sensibiliser les kinésithérapeutes à prendre en charge une partie du coût de la formation (par exemple le déplacement) et/ou donner les moyens aux formateurs de se déplacer dans le pays (comme l’avait fait le président de l’AMKITO : grâce aux stages qu’il avait réalisés à l’étranger, il avait pu mettre en œuvre et transmettre les informations reçues concernant la kinésithérapie respiratoire à travers le pays).

Certains kinésithérapeutes du CNAO pensent qu’il faudrait mettre en place, au sein du centre, des formations mensuelles ou trimestrielles par modules. Par exemple, une formation spécifique sur la luxation de l’épaule où seraient revus les rappels anatomiques, les techniques de PEC, etc.

Le doyen du centre, Yovo, pense qu’il faudrait envoyer un kinésithérapeute en Europe pour une durée d’un an afin qu’il puisse réaliser un ou plusieurs stages et qu’il revienne ensuite former ses collègues togolais.

Les étudiants en kinésithérapie et certains kinésithérapeutes souhaiteraient avoir accès à la formation de master en kinésithérapie, qui malheureusement n’existe pas au Togo. De plus, il semble très difficile pour eux d’obtenir une bourse et un visa pour pouvoir aller suivre un master en Europe.

Le manque de formation au management a aussi été évoqué. Si le besoin se crée, une personne peut changer de statut sans avoir de compétence particulière. Par exemple, le kinésithérapeute qui passe chef de service n’a aucune compétence particulière dans ce domaine, il ne sait pas forcément diriger une équipe, il n’a jamais eu aucune notion de gestion de service ni de matériel.

  • Les « mauvaises » conditions de travail

L’équipe du service d’appareillage du CNAO souhaiterait avoir de meilleures conditions de travail avec plus de confort et plus d’aération. Son espace de travail est trop petit car ses membres doivent le partager avec les orthoprothésistes.

Selon les stagiaires, le CNAO a la possibilité d’offrir des prises en charge beaucoup plus adaptées pour chaque patient qu’au CHU. Car au CHU toutes les pathologies et les prises en charge sont confondues. Ils dénoncent également le manque important de matériel dans les services et centres de rééducation plus reculés. A ce sujet, le président de l’AMKITO imagine que les matériels recyclés ou dépassés en Europe pourraient être expédiésau Togo en passant par leur association qui sait où les envoyer.

Les croyances sont également encore fort présentes au Togo. Plus que pour la kinésithérapie, il faudrait sensibiliser les Togolais à aller à l’hôpital. Leur parler des changements et des évolutions, les rassurer en leur disant que l’hôpital n’est pas un lieu pour « voler leur argent » mais pour les aider.

En 2012, on retient un nombre de 323 agents formés en kinésithérapie.

Une étude récente d‘Ely BENI 3 révèle que le personnel soignant au Togo est confronté à d’énormes difficultés : manque de primes et du matériel adéquat, absence de formation continue, salaires indécents, longues heures de travail, etc.