Kinésithérapie au Togo

Kinésithérapie au togo

Last modified on 2017-09-17 16:30:34 GMT. 0 comments. Top.

Tout comme le système de santé, le secteur de la kinésithérapie se développe mais certaines difficultés persistent.

Celles-ci sont dues principalement

  • au manque de moyens financiers :

la grande majorité de la population togolaise est pauvre et agricole et ne peut se permettre de se payer des soins de rééducation, que ce soit dans des services privés ou dans des centres publics,

  • au manque de sensibilisation :

la profession est toujours mal connue des médecins et de la population. Selon le chef de service du Centre national d’Appareillage et d’Orthopédie (CNAO), seulement 35% de la population aurait été sensibilisée aux rôles et aux bienfaits des prises en charge en kinésithérapie,

  • au manque de matériel :

la qualité et la quantité de matériel de base est généralement insuffisante dans les services de soins, surtout à l’intérieur du pays,

  • au manque de formation :

la formation de base est bonne mais il n’existe pas de formations de remise à niveau ni de formations complémentaires pour leur permettre d’améliorer leurs connaissances. Selon eux, il n’y a pas de profil de carrière pour les kinésithérapeutes,

  • au taux important de personnes en situation de handicap.

  • Formation et profil de carrière du kinésithérapeute au Togo :

Le Togo bénéficie d’une école de formation en kinésithérapie depuis 1976.

Cette formation a été créée au sein de l’Ecole nationale des Auxiliaires médicaux (ENAM) qui est le premier et plus grand centre de formation normative et académique des paramédicaux du Togo.

Cinq types de paramédicaux d’Etat sont formés à l’ENAM : infirmier, assistant d’hygiène, technicien orthoprothésiste, orthophoniste et masseur kinésithérapeute.

Jusqu’en 1999, l’accès aux études supérieures était ouvert à tout étudiant ayant obtenu un diplôme de base (le brevet d’étude du premier cycle, ou BEPC, ou le brevet élémentaire, ou B.E.) mais à l’heure actuelle, il est demandé aux étudiants d’avoir obtenu le BAC 2. Les élèves togolais sont ensuite admis à l’ENAM par voie exclusive de concours.

La formation de kinésithérapie dure trois ans et permet chaque année à une vingtaine d’étudiants d’obtenir le diplôme de licencié en kinésithérapie.

Malheureusement, une fois diplômés, les kinésithérapeutes ne sont pas certains d’obtenir directement un poste dans la fonction publique. Pour obtenir une place dans la fonction publique, premièrement il faut qu’une place se libère ou que l’Etat considère qu’il est nécessaire de créer un poste dans une infrastructure. Ensuite, il faut que l’Etat décide de lancer un concours afin de sélectionner le nombre de kinésithérapeutes qui lui semble nécessaire. Les kinésithérapeutes qui ont la chance d’être sélectionnés sont ensuite répartis sur l’ensemble du territoire. Malheureusement, cela fait quatre ans que l’Etat n’a pas lancé de concours et il faut dire que le système togolais fonctionne de manière à ne pas en avoir besoin. En effet, il permet aux étudiants diplômés, donc aux « demandeurs d’emploi », de travailler bénévolement dans les infrastructures, afin qu’ils puissent, selon lui, acquérir de l’expérience professionnelle. Cela permet donc aux centres d’avoir suffisamment de personnel chaque jour.

 

  • Les différentes structures de réadaptation au Togo

corrige¦ü 2- Le TOGO - article 22-01-2014_html_53b1edbdDepuis quelques années, les structures de réadaptation et les services de rééducation ont augmenté et couvrent actuellement une grande partie du territoire.

Le Togo compte au total 5 centres de rééducation publics (un par région), 4 centres privés et 30 services de kinésithérapie répartis dans les centres hospitaliers de chaque préfecture.

Selon les indicateurs, le nombre de kinésithérapeutes reconnus s’élevait à 147 en 2011 (141 pour le corps public, 3 pour le corps privé et 3 pour le corps confessionnel).

Les infrastructures disponibles pour la rééducation sont très variables. Les salles, le matériel de soins (quantité et qualité) à disposition, les ressources humaines ainsi que le nombre de patients varient principalement en fonction des services et des régions.

Pour exemple, le CNAO, Centre national d’Appareillage orthopédique basé à Lomé est vraiment bien fourni en termes d’infrastructures et de matériel. Alors qu’à seulement quelques pas de là, au CHU Tokoin ou encore à l’intérieur du pays, les services de kinésithérapie sont souvent très petits et ne disposent que de très peu de matériel. Même si les différences sont flagrantes, je souhaiterais mettre en avant l’incroyable adaptabilité et débrouillardise des Togolais qui nous montrent chaque jour que l’on peut faire de grandes choses avec peu de moyens.

 

 

4.Centre hospitalier préfectoral de VOGAN

 

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Description du service :

Un kinésithérapeute assure le fonctionnement du « service » de l’hôpital préfectoral de Vogan. Une seule salle est mise à disposition pour les prises en charge avec une table, un bureau et un lavabo. Le matériel à disposition est infime. La kinésithérapeute prend en charge en moyenne sept patients par jour (enfants et adultes confondus).

 

5.Centre hospitalier préfectoral de Kpalime

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Description du service :

Trois kinésithérapeutes assurent le fonctionnement de ce service.

En 2012, sur le premier semestre, le service de kinésithérapie avait enregistré 146 malades au titre des consultations externes contre 91 en 2011. Dans cet hôpital, les trois premières causes de consultation en kinésithérapie étaient des douleurs lombaires (26%), des hémiplégies (19%) et des lésions articulaires (9,5%).

 

6.Centre hospitalier préfectoral St Jean de Dieu (Afanyagan)

 

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Description du service :

Le service de physiothérapie de l’hôpital est très grand et bien agrémenté. Il y a trois espaces de prise en charge individuelle avec table de massage, une grande salle de rééducation fonctionnelle et une salle avec des appareils de renforcement musculaire.

Selon le responsable du service, qui était le seul kinésithérapeute présent lors de ma visite, entre quinze et dix-sept patients externes se présentent chaque jour. La plupart de ces patients viennent du Bénin car les soins de kinésithérapie sont moins chers au Togo. En plus des soins aux patients externes, les kinésithérapeutes doivent assurer la prise en charge des patients hospitalisés. Selon lui, le centre hospitalier manque de personnel pour pouvoir assurer toutes les prises en charge.

Au sein du centre hospitalier St Jean de Dieu, il y a aussi un service d’orthopédie, où travaillent trois ou quatre techniciens orthoprothésistes qui confectionnent des prothèses et appareillages.