Prologue

Introduction

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De nature à croire que la vie est bien faite et que l’on se retrouve à sa place pour une raison que l’on ignore encore, je n’ai jamais cherché à définir exactement la raison de mon passage au Togo …

Mais …

Je savais au plus profond de moi que « ma mission » consistait à être là, à être simplement moi et à laisser les choses se mettre en place. Je savais aussi, que ce que je voulais c’était les aider, c’était leur « donner », c’était découvrir et partager.

« Partager », je pense que ça devait être ça la chose la plus importante pour moi …

Partager tout ce que j’avais à donner, partager avec eux chacun des jours, chacune des minutes que j’ai passés là-bas …

Mais aussi partager avec vous, avec ceux que j’aime, avec l’association Canto Physio 2000 cette expérience, cet autre univers, cet autre continent que j’ai découvert et qui m’a montré que « Partager » existe encore réellement et dans une dimension encore bien plus authentique que ce que je pouvais espérer.

Je vous ai emmenés avec moi durant deux mois, dans mes pensées, dans mes bagages, dans mes partages et aujourd’hui je vous écris pour vous faire découvrir ce petit bout d’aventure. Au Togo, dans ce petit pays d’Afrique de l’Ouest, où la pauvreté est encore bien présente, mais où chacun se débrouille comme il le peut. Là-bas où même quand on n’a « rien » au sens européen du terme, on n’est jamais seul. Et ce n’est pas par amour mais par solidarité. Il y aura toujours quelqu’un pour vous accompagner. Il existe partout des espaces pour que chacun puisse être accueilli et reçu … Un jour, c’est toi qui m’aideras et un jour, c’est moi qui t’aiderai, et ça tous les jours, « c’est gratuit ».

Allez …

Mettez-vous dans l’ambiance et prenez votre temps. Car au Togo, on a le temps et la pression de l’emploi du temps trop chargé, ça n’existe pas …

Laissez-vous aller et j’espère qu’au bout de ces quelques pages j’aurai pu vous faire découvrir un petit bout du Togo, de son système de santé (dont la kinésithérapie) et que vous aurez peut-être l’envie d’aller à leur rencontre et/ou de leur apporter votre aide.

Pleine de partage, je vous souhaite une bonne lecture.

Anaïs Vanderhaegen

 

LE TOGO

Le Togo est l’un des plus petit pays de l’Afrique de l’Ouest avec une superficie de 56 800 km². En forme de corridor, il est situé entre le Ghana (à l’ouest), le Bénin (à l’est) et le Burkina Faso (au nord).

Il est traversé en écharpe par une chaîne de montagnes, la chaîne de l’Atakora, avec d’une part la plaine du Mono (SE) et de l’autre la plaine alluviale de l’Oti (NO). Il est divisé en cinq zones géographiques : la région maritime (10% du pays), la région des plateaux (30%), la région centrale, la région de la Kara et la région des Savanes. Chaque région est subdivisée en préfectures, le pays en compte trente et une au total.

Officiellement nommé République Togolaise, il a été successivement colonisé par les Allemands, les Français et les Britanniques pour acquérir son indépendance en 1960. C’est ensuite à partir de 1990 que le pays a entamé un long processus de développement, ralenti par la crise sociopolitique.

La population du Togo est estimée à 6,9 millions d’habitants dont la grande majorité se situe dans les régions côtières au niveau de la capitale. La population togolaise est caractérisée par une forte proportion de jeunes (60 % ont moins de 25 ans) et l’espérance de vie est de 63 ans.

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Depuis le début des années 90, le pays connaît une crise sociopolitique qui a fortement freiné le développement. Entre 1990 et 2005, l’aide publique au développement a connu une réduction de 62%, entraînant une chute importante du niveau de l’investissement public.

Ce marasme économique a nui à la situation sociale et a accentuéla pauvreté. Selon l’enquête du QUIBB (Questionnaire Unifié des Indicateurs de Base de Bien-être ), en 2006, 61,7% des Togolais vivent en dessous du seuil de pauvreté. Une pauvreté qui touche davantage les populations rurales (74,3%), contre 36,8% pour les populations urbaines. Les zones géographiques les plus affectées sont, par ordre, les régions de Savanes, Centrale, de la Kara et Maritime.

L’état de santé des populations togolaises reste très précaire avec des taux encore élevés de morbidité et de mortalité.

Une étude statistique menée en 2011 par le ministère de la Santé montrait que les trois premières causes de mortalité hospitalière étaient le paludisme grave, les AVC et le VIH/sida. Les pneumonies arrivaient à la 7e position et l’HTA à la 10e. Les trois premières causes de consultation externe et d’hospitalisation étaient le paludisme, les plaies et traumatismes et les infections aiguës des voies respiratoires.

Il apparaît globalement que la plupart des affections et problèmes de santé relèvent de causes infectieuses, microbiennes ou parasitaires qui pourraient être évitées pour la plupart. Mais que la pauvreté en est la cause ou le catalyseur, et aussi qu’un certain nombre des problèmes suscités mettent directement en cause le système de santé.

En raison notamment des conséquences de la crise sociopolitique sur les secteurs sociaux, les principaux problèmes de santé immédiats auxquels font face les populations sont liés :

– aux difficultés d’accès géographique et économique aux soins de santé,

– à la précarité des conditions d’hygiène et d’assainissement,

– aux difficultés d’approvisionnement en eau potable.

 

Le développement du système de santé

  • Cadre politique et stratégique

Le système de santé togolais s’est inspiré des principes généraux et de stratégies internationales tels que la Santé pour tous, les soins de santé primaires, l’initiative de Bamako, le concept de « district opérationnel », la politique de médicaments génériques et plus récemment les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

La politique nationale de santé, élaborée en 1996 et mise à jour en septembre 1998, visait à « l’amélioration de l’état de santé des populations dans le cadre du développement socio-économique général et de la lutte contre la pauvreté ». Et ce en s’articulant autour de trois axes d’intervention :

  • réduire la mortalité et la morbidité et améliorer le bien-être à travers des soins préventifs, curatifs, promotionnels et ré-adaptatifs,

  • étendre la couverture sanitaire à l’ensemble de la population, notamment aux plus démunis, en assurant des services de qualité et la disponibilité des médicaments génériques essentiels,

  • agir sur les déterminants de la santé et rendre le système viable et performant.

En s’inspirant des orientations du document complet de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP-C), le ministère de la Santé avait élaboré un plan couvrant la période 2009-2013.

Actuellement, dans le cadre de la réforme du système de santé, le ministère de la Santé a élaboré le « plan national de développement sanitaire 2012-2015 » dont les programmes prioritaires sont :

  • programme national de lutte contre le sida(PNLS),

  • programme national de lutte contre le paludisme (PNLP),

  • programme national de lutte contre la tuberculose (PNLT),

  • programme national de lutte contre les maladies non transmissibles (PNLMNT).

  • Organisation du système national de santé

L’organisation du système national de santé du pays reste calquée sur le modèle classique à trois niveaux :

  • Le niveau central ou national,

  • Le niveau intermédiaire ou régional correspondant aux 6 régions sanitaires,

  • Le niveau périphérique ou opérationnel correspondant aux 35 districts sanitaires.

  • Couverture sanitaire

L’accès aux soins au Togo peut se faire via le secteur public et le secteur privé. Face à l’incapacité du ministère de la Santé de jouer efficacement son rôle de contrôle et de régulation, le secteur privé est devenu très florissant.

Le niveau de collaboration entre les deux secteurs reste faible.

Le secteur public de soins compte 713 structures sanitaires toutes catégories confondues (3 CHU, 6 CHR, 2 hôpitaux spécialisés, 32 hôpitaux de district, 655 USP, 15 PMI). Malheureusement, un peu plus de la moitié de ses formations sanitaires sont « hors normes » et la plupart des infrastructures et des équipements sont très dégradés et ont un plateau technique insuffisant.

Pour les soins de santé dans le secteur privé, on note un total de 284 structures sanitaires privées (8 hôpitaux privés confessionnels, 189 cliniques médicales spécialisées ou dispensaires privés, 87 cliniques ou cabinets privés).

  • Couverture géographique

Malgré le fait que les structures sanitaires publiques soient inégalement réparties sur l’étendue du territoire (90% au niveau des régions maritimes et Lomé), la couverture géographique en soins de santé primaires (SSP) a bien évolué depuis 1998. Elle est passée de 60 % en 1998 à 88% en 2013 (SSP définis par un accès à une unité périphérique de soins à une distance inférieure à 5 km).

Actuellement, le principal défi se tourne vers l’amélioration de la qualité de l’offre et sa meilleure adéquation à la demande. En effet, la mise en œuvre des soins de santé essentiels n’est parfois pas effective dans les unités de soins. Cela est dû au manque de personnel et/ou d’équipement. Un autre défi consisterait en une meilleure organisation et intégration des formations sanitaires privées dans le système de santé national.

  • Système d’information sanitaire

La promptitude de diffusion de l’information fait cruellement défaut au système. En effet, le système d’information sanitaire (SIS) ne fournit pas les données ni les informations nécessaires en temps réel.

  • Ressources humaines pour la santé

Le système de santé du Togo fait face à une pénurie grave de ressources humaines.

En 2011, l’effectif du personnel était de 10 764 agents pour une population estimée à 6 366 984 habitants.

En comparaison avec les normes recommandées par l’OMS, les principaux ratios (rapport population/personnel de santé) se présentent comme suit :

  • 1 médecin pour 8 478 habitants contre 1 pour 10 000 (1 pour 11 171 en 2008)

  • 1 infirmier d’Etat pour 5 978 habitants contre 1 pour 4 000 (1 pour 6 135 en 2008)

  • 1 sage-femme pour 12 436 habitants contre 1 pour 4 000 (1 pour 13 171 en 2008)

Un problème se pose non seulement en termes de nombre, mais également en termes de qualité et de répartition des ressources humaines. Par exemple, près de 31,6% du total des médecins se concentrent au CHU Tokoin à Lomé, 50% des pharmaciens se trouvent au niveau central.

Le déficit des ressources humaines pour la santé que connaît le Togo est essentiellement lié :

  • au non remplacement des employés qui ont arrêté leurs fonctions pour cause de retraite ou de décès,

  • à l’inadéquation des moyens budgétaires et des plafonds imposés en matière de recrutement qui entravent la production ou le recrutement des personnels de santé à une plus grande échelle, tout comme la mise en œuvre de mesures appropriées pour la motivation et la rétention du personnel,

  • au manque de planification et de gestion du personnel, y compris celui du secteur privé.

En vue de réduire le déficit, le gouvernement a, en janvier 2008, pris des mesures pour repousser à 60 ans l’âge de départ à la retraite et procède au recrutement de nouveaux agents avec un accent particulier sur le personnel médical (415 en 2011) et paramédical (2 963 en 2011).

  • Financement de la santé

Les principales sources de financement du secteur de la santé sont

  • L’Etat

Après une période de progression entre 1995 et 1999, le pourcentage du budget de l’Etat alloué au secteur de la santé a connu une stagnation, voire une baisse de 2002 à 2004 avant de remonter à 7 % en 2006. En 2011, la part de budget octroyée au secteur de la santé atteint les 4%, c’est à dire 20 538 241 CFA.

Depuis, la situation s’est aggravée à cause des problèmes de décaissement et de mobilisation des ressources par le ministère de la Santé (et le budget octroyé au secteur a encore diminué ?).

  • La communauté

Les ménages participent au financement de la santé à travers le recouvrement des coûts dans les formations sanitaires (initiative de Bamako). Les patients paient les soins à l’acte, et les médicaments génériques.

  • Les collectivités

Certaines collectivités locales (mairies ou préfectures) participent au financement des services de santé par le paiement des salaires des agents de santé de préfecture.

  • Les partenaires au développement

L’appui financier des partenaires extérieurs intervient à travers des programmes de coopération avec le gouvernement ainsi que par le biais des organisations non gouvernementales et des associations (des financements directs aux communautés de base).

Depuis 2004, le montant de l’aide a atteint une enveloppe d’environ 20 à 26 millions de dollars US par an.

  • La mise en place de l’INAM

Depuis peu, le gouvernement a décidé de prendre des mesures afin de permettre, à moyen terme, à toute la population de disposer d’un minimum de protection sociale. La création de l’Institut national d’Assurance Maladie (INAM) est la première étape vers la mise en place d’un système de couverture maladie pour tous au Togo.

Suite à un processus participatif démarré en 2009, la loi N°2011-003 du 18 février 2011 a institué un régime obligatoire d’assurance maladie au profit des agents publics et assimilés.

L’Institut national d’Assurance Maladie a été créé en septembre 2011. L’assurance maladie fonctionne selon un système de solidarité par rapport à la catégorie dans laquelle chaque agent se trouve. Elle permet à chacun de bénéficier d’une prise en charge des soins qui varie de 80% à 100% selon la prestation.

Pour les personnes qui ne bénéficient pas de l’assurance maladie, il n’existe malheureusement pas encore d’ouverture à un autre type d’assurance. Les gens peuvent faire appel aux services sociaux qui font leur maximum pour les aider à hauteur de 20% si les demandes sont acceptées.